La vache et la locomotive

8 mars 2019 • La maison du projet


C’est tout le paradoxe du projet urbain. Paradoxe que nous portons tous un peu en nous.

La locomotive, c’est la Ville intense, effrénée, qui va toujours plus vite et plus fort. La vache, elle, broute toujours avec la même lenteur et effectue dans son champ les mêmes mouvements réguliers, paisibles et rassurants. La vache regarde la locomotive avec les yeux de l’étonnement et de l’incompréhension ; passée cette confrontation aussi subite que brutale, elle se remet à ruminer avec évidence.

Le projet urbain à la Maillerie veut créer cette intensité. C’est la ville qui bruisse et qui bouge. Connectée, reliée, joyeuse, insaisissable et hétéroclite comme un tourbillon. Mais le projet aspire aussi à la lenteur ; si nous sommes si fiers de déployer dans les rues de la Maillerie toute une série d’arbres fruitiers, c’est parce qu’il faut trois mois pour qu’éclose une fleur, six mois pour que se forme un fruit. Et que cette conjugaison dans la ville de rythmes frénétiques et de rythmes lents, c’est la résolution du paradoxe de la vache et de la locomotive.

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