La vertu écologique du projet urbain crée-t-elle le désir ?

22 novembre 2018 • La maison du projet


A chaque rencontre avec le public, c’est le même scénario. Les grandes options écologiques sur l’énergie ou la construction décarbonnée suscitent une indifférence polie ou, pour les plus enthousiastes, une écoute courtoise. Les expérimentations sur la biodiversité urbaine ou l’économie circulaire réchauffent un peu le dialogue. Et c’est seulement lorsqu’on touche à la relation que tout s’enflamme.

La qualité environnementale fait-elle si bien partie des règles de l’art que le projet urbain est présumé vertueux, sans que la charge de la preuve n’incombe à quiconque ? A moins que la vertu écologique n’intéresse plus personne ?

Le défi des artisans de la Ville c’est précisément d’éviter la confrontation avec cette question dérangeante. Et puisque c’est la relation qui crée la passion, il s’agit donc de conduire à la vertu écologique par la relation.

A la Maillerie par exemple, l’économie circulaire commence par une démolition collaborative, où artisans, artistes, associations, particuliers sont venus chercher un morceau du site pour lui redonner une seconde chance ; initiant ainsi une multitude d’anecdotes et tissant autour du projet une toile serrée de relations qui lui donnent du sens et de la profondeur. Puis, sur ce socle s’enchaine naturellement une démolition « 0 déchet », qui donne naissance à des projets industriels innovants, sobres et économes en ressources.

A la Maillerie, c’est bien la fabrication de relations urbaines qui mène à la vertu.

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